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Chemin de (La)croix

Posté par GestionEthik on février 11, 2014

Ouf! Quel soupir de soulagement pour plusieurs en cette période historique. En premier lieu, pour les victimes de Norbourg : certaines d’entre elles m’ont confié avoir vécu toute une gamme d’émotions depuis 5 ans. Ces investisseurs se sont sentis « bernés » au départ par la Caisse de dépôt qui a transféré à leur insu leurs avoirs aux mains de Norbourg; puis « floués et trahis », lorsqu’ils ont réalisé que tout était décimé. Oui, ce fut pour eux un vrai chemin de croix. Ils méritent donc tous notre respect et notre admiration, et ils méritent amplement chacun des dollars qu’ils vont récupérer. Félicitations à vous!

À l’opposé, un qui doit bien rire dans sa barbe de prisonnier est Lacroix. Sorti de prison jeudi dernier, frais comme un perce-neige et maintenant libre comme l’air. Chez nos voisins du Sud, ç’aurait été aux alentours de 2046, si vous voyez ce que je veux dire. Moins de 3 ans fermes de prison pour ce briseur de vies, pour tous les méfaits commis et ses multiples sorties mondaines qu’il s’est payées avec l’argent des investisseurs. Décidément, Madame La Marquise, tout va très bien, tout va très bien…

Toutefois, un groupe demeure et demeurera encore longtemps stigmatisé, avec des cicatrices bien vivantes et définies : nous, les conseillers!

Pourtant, c’est nous qui, lors de ce drame, étions seuls sur la ligne de feu, à écouter, à réconforter et à consoler nos clients. C’est nous qui avons dû défendre (et devons défendre encore aujourd’hui) notre réputation. Car personne n’est venu nous prêter main forte, bien au contraire. L’expression « bandit à cravate » étant désormais bien incrustée dans la mémoire collective. C’est finalement nous qui avons payé (à même notre fonds d’indemnisation que nous avons pourtant créé) la note de resto salée laissée par Lacroix. Repas nous laissant uniquement un goût amer et indigeste : 31 millions, méchante couenta! Facture qui, pourtant, ne nous revenait aucunement, car l’affaire est une fraude de gestionnaires, pas de conseillers. Aucun conseiller ne connaissait le plan machiavélique de Lacroix. Sinon, aucun n’aurait vendu ces fonds bidon à leurs clients. La responsabilité ne devait donc pas échoir aux conseillers.

Il serait donc en ce sens plus que temps que le FISF, dans sa forme actuelle, soit modernisé. C’est une iniquité profonde à l’égard des conseillers qui sont actuellement les seuls à en défrayer les coûts. Ce fonds a été créé par nous, et ce, bien avant la création de l’AMF. Lors de l’entrée en vigueur de la loi 188, le gouvernement a transmis tous les droits à l’AMF en matière de gestion, de perception, de gouvernance et de prestation, mais sans nous permettre (à nous, les uniques cotisants) de siéger au conseil d’administration. Donc aucun pouvoir de représentation et de décision. Ainsi, l’AMF devient ici juge et partie et se place en quelque sorte en situation potentielle de conflit d’intérêts. Pour sa défense, toutefois, l’AMF n’est aucunement responsable de cette situation et elle ne fait qu’appliquer les lois régissant le FISF. Et lorsque la loi 188 a été créée, aucun conseiller n’était présent à la table de concertation. Il serait donc plus que temps que les conseillers se mobilisent pour ce projet de création d’un FISF élargi. À titre informatif, je joins le mémoire [document Word] déposé par un groupe de leader. C’est selon moi, un premier pas, mais un pas dans la bonne direction, afin de rétablir un tant soit peu ce climat de confiance qui est si déficient présentement.

Bonne lecture et bonne mobilisation!

Léon

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